Success Story

En cette période de rentrée scolaire Design index vous propose de faire le point. 

Pour les étudiants de 1ère, 2ème, 3ème année, pour ceux qui “bossent” leurs projets pendant les cours d’histoire de l’art ou pour ceux qui les ont juste séché, vous trouverez ici votre rédemption tous les Lundis et c’est sur Design Index! Nous allons vous parler ici des étapes qui, au fil des décennies ont pu bâtir l’histoire du “design moderne” tel qu’on la connait aujourd’hui. Introduction d’une discipline qui s’est imposée dans l’organigramme des entreprises modernes. De 1930 à aujourd’hui… ou comment le design à défié les crises politiques et comment les crises politiques ont inspiré le design.

Les semaines passées (partie 1, Partie 2) nous avons vu qu’une certaine manière de concevoir un produit s’était imposé dans un contexte de crise, puis peu de temps après comment une necessité a évolué en une «philosopie de concevoir».

Partie 3: Le «design thinking»… des années 90 à hier.

Je sais que faire une chronique sur le design et faire tout un chapitre sur Apple est terriblement « cliché » mais cette histoire est très révélatrice des bénéfices que cette façon de penser le design peut apporter à une entreprise. En 1997 après 12 ans de séparation, Steve Jobs retrouve la direction d’Apple. Il retrouve la société qu’il a co-fondé avec Steve Wozniack en plein trouble économique. La société n’est plus sur la brèche de l’innovation, elle lutte pour se maintenir économiquement et aux yeux du public.

«— Très bien, les gars. Dites-moi ce qui ne va pas ici !
Il y eut quelques murmures mais Jobs les interrompit.
— Les produits ! Voilà ce qui ne va pas. Et quel est le problème avec ces produits ?
À nouveau, il imposa le silence d’un geste.
— Ils sont nuls ! Ils ne font plus bander personne !»

Steve Jobs – Walter Isaacson, Chapitre 23, p.363

Dans le même temps où Steve Jobs fit son retour chez Apple, Jonathan Ive était sur le point de donner sa démission. Mais leur rencontre allait changer la donne car ils partageaient une vision et un langage hérité du Bauhaus de Braun.

La première grande réussite de Jobs et Ive fut l’iMac G3, un ordinateur de bureau destiné aux particuliers, mis en vente en 1998 et qui tranchait avec toute la «grisaille» disponible sur le marché.

ImacG4

Imac G3 – Apple Computer

En 2001, Apple récidive avec le Power Book G4. Une esthétique et un minimalisme qui font écho aux équipements audio Braun de la fin des années 1950 et du début des années 1960. Par la suite, tous les produits Apple qui viendront seront conçus selon le credo de Rams : « Le moins est le mieux » – Weniger aber besser. Rams dit lui même qu’Apple est la seule entreprise à même de concevoir des produits selon les principes qu’il a édictés. Une vision qui renforcera peu a peu l’image de marque Apple.

PowerBookG4Power Book G4 – Apple Computer

 Voici les propres mots de Jonathan Ive pour décrire cette vision:

«Pourquoi disons-nous que la simplicité est une bonne chose? Parce qu’on se doit de dominer nos produits. Apporter de l’ordre dans la complexité, c’est une manière d’être plus fort que le produit. La simplicité n’est pas seulement un effet visuel. Il ne s’agit pas de minimalisme ou d’une réduction de l’encombrement. Il s’agit d’aller jusqu’au cœur de la complexité. Pour trouver la vraie simplicité, il faut creuser profond. Par exemple, pour ne pas avoir de vis apparentes, on peut finir par avoir un produit totalement contourné et complexe. La solution, c’est de s’enfoncer jusqu’à l’essence même du produit avec, pour objectif, l’épure à tous les niveaux. Il faut repenser tout l’objet, ainsi que la façon dont on va le fabriquer. C’est par ce voyage jusqu’au centre du produit qu’on peut se débarrasser du superflu.»

Jonathan Ive

Web

Apple est devenue en 10 ans la seule entreprise de high-tech à faire partie du cercle très fermé des 10 sociétés les plus riches. Cette réussite est en grosse partie dûe au «design-thinking» qui a été placé au plus haut niveau d’importance dans l’organigramme de cette entreprise. Du produit au packaging jusque dans le moyen de distribution, Apple a créé une image de marque autour d’une philosophie «think different» lancée depuis 1997.

 « Seuls ceux qui sont assez fous pour penser qu’ils peuvent changer le monde y parviennent. »

Publicité Apple « Think Différent », 1997

Du Bauhaus de Max Bill à Jonathan Ive, la constante reste l’influence du mouvement des “formes utiles”. La conviction qu’un objet rationnel, mathématique, clair et honnête est le moyen d’atteindre une pureté et une universalité esthétique. Cette philosophie, issue du contexte de crise des années 40 a donné ses codes au design. Steve Jobs et Jonathan Ive se sont approprié cet héritage et ont démocratisé les produits Apple pour le grand public en suivant ces règles. On pourrait penser qu’Apple a démontré que cet héritage pouvait être une réponse aux difficultés économiques d’une entreprise… pourtant il reste tant de chemin à parcourir pour convaincre du bénéfice du design dans l’industrie française et du «design thinking» à une plus grosse échelle.

Les grandes avancées du design ont toujours été écrites pendant des périodes de trouble économique, social et politique mais le rapprochement que l’on peut faire entre «design-thinking» et «contexte politique» peut être approfondi et fera l’objet d’un prochain sujet… stay tuned.

Je vous recommande de lire au minimum les chapitres 25 et 28 de la biographie de Steve Jobs par Walter Isaacson.

Chapitre 25_ Principes de design, le duo Jobs et Ive.

Chapitre 28 _ Les Apple Store, genius bar et Grès de Florence.

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